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mercredi 25 février 2015

Le Joyau - Tome 1

(lu en VO)
Titre original : The Jewel #1
Éditeur français : Robert Laffont, Collection R

Vous êtes plus précieuse que vous ne le pensez.

Le Joyau, haut lieu et coeur de la cité solitaire, représente la richesse, la beauté, la royauté.
Mais pour une jeune fille pauvre comme Violet Lasting, le Joyau est avant tout synonyme de servitude. Et pas n'importe laquelle : Violet a été formée pour devenir Mère-Porteuse. Car dans le Joyau, le vrai luxe est la descendance...
Achetée lors de la Vente aux Enchères par la Duchesse du Lac, Violet – le lot 197, son nom officiel – va rapidement découvrir la réalité brutale qui se cache derrière l'étincelante façade du Joyau. S'exercer à la cruauté, à la trahison et aux coups bas est la distraction favorite de la noblesse. Violet doit accepter son sort et tâcher de rester en vie.
C'est pourtant dans ce sinistre quotidien qu'elle tombe amoureuse d'un séduisant garçon, loué pour servir de compagnon à la nièce aigrie de la Duchesse. Cette relation interdite vaudra aux jeunes amants d'affronter les plus grands des dangers...

Déjà je me pose une grosse question concernant Le Joyau : est-ce que c'est vraiment censé être une dystopie ? Est-ce que maintenant on va appeler tous les romans vaguement post-apocalyptiques ou fantasy des dystopies ? Pour ma part j'ai plus vu ce roman comme vaguement fantasy plutôt qu'autre chose. Néanmoins cela n'empêche pas que l'univers crée par Amy Ewing est un des points forts de ce roman. En effet si la base de la société semble très basique avec divers couches sociales déterminées selon leurs professions, ce qui n'est pas sans rappeler Hunger Games et ses districts, le concept même du Joyau et des mères porteuses est fortement intéressant. Le Joyau, lieu de vie de la royauté, ne peut qu'inciter notre intérêt quand on sait qu'il se découpe en diverses familles qui forcément forment des alliances et complotent les unes contre les autres sans relâche. Si comme moi vous adorez les trahisons et les coups d'état, vous allez certainement très vite ressentir tout le potentiel de ce cercle très fermé qui donne son nom à ce premier tome. Malheureusement ce potentiel reste fort peut exploité dans ce premier volet et est même étouffé par des éléments beaucoup moins encourageants...

Parmi les éléments qui n'ont rien pour nous encourager à poursuivre, il y a Violet l’héroïne. Si au début je pensais que j'allais l'apprécier, elle nous montre en effet une certaine lucidité fort intéressante sur sa place dans la société, j'ai vite déchanté en apprenant à la connaître alors qu'elle prend sa place de mère porteuse chez la Duchesse du Lac. La jeune femme se révèle assez rapidement comme d'une niaiserie franchement pénible, une niaiserie qui atteint clairement son apogée lorsque le sexe opposé est concerné. Eh oui, Violet fait parti de ce genre de personnage qui perd toute crédibilité dès qu'elle croise le regard du moindre mâle potable dans son champ de vision. Ainsi si Violet avait commencé à m'agacer alors qu'on apprenait à la connaître, ça a clairement été la dégringolade dès qu'elle eu croisé le regard de Ash.

Qu'on soit clair, le personnage de Ash n'a déjà rien d'intéressant. Aucune personnalité, aucun mystère, rien. Autant dire que la romance nunuche qui commence entre eux après un seul regard ne manque pas de faire lever les yeux au ciel à chacun de leurs échanges. Peut-être que si l'auteure s'était donné la peine de créer une certaine évolution cela aurait pu être facilement corrigé, malheureusement on passe sans aucun arrêt de la première rencontre à une Violet qui commence à nous gonfler avec ses "sentiments si forts" pour le jeune homme. Quand on pense que juste avant de le rencontrer elle commentait sur le physique avantageux de Garnet, le fils de la Duchesse, dès qu'elle le croisait, il est évident que Violet ne perd pas le Nord ! 

Heureusement si Violet et Ash nous donnent envie de les finir à coups de pelle à chaque page, il reste d'autres personnages beaucoup plus recherchés. Tout d'abord la Duchesse est le personnage qui m'a le plus intriguée et que j'ai pris le plus de plaisir à découvrir. C'est quelqu'un de clairement cruel mais pour qui on se demande bien vite ce qui se cache sous la surface. J'ai également été assez intriguée par Garnet, le fils de la Duchesse, qui semble être un si gros problème pour elle. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il a une attitude de sale gosse, qu'il picole quasiment à chaque fois qu'on le voit, et qu'on se demande forcément si il y a plus derrière ou si il se contentera d'être un personnage unidimensionnel de plus. Et finalement il y a Lucian, le Cinna de Violet, qui cache bien des secrets... Oh et oui, je viens bien de comparer ce personnage à Cinna, le styliste de Katniss dans Hunger Games. Parce que Amy Ewing a clairement lu Hunger Games et y a piqué énormément d'éléments. Si cela ne m'a pas gêné plus que de raison, principalement car les enjeux du récit sont bien différents, cela m'a fait grandement lever les yeux au ciel (oui, j'ai beaucoup levé les yeux au ciel en lisant ce roman). Je veux bien qu'on retrouve des éléments communs entre les romans mais y'a un moment où quand ils sont aussi nombreux on ne peut pas dire que ce soit une coïncidence. 

Concernant le style de l'auteure, il faut tout de même souligner qu'il s'avère assez efficace. Malgré toute la stupidité dont l’héroïne peut faire preuve, on tourne encore les pages avec une certaine facilité. L'ensemble reste également très visuel, on a pas de mal à imaginer les éléments proposés pas l'auteure, et on avance très rapidement dans le récit. Dommage que ce dernier n'appuie pas plus sur le glauque évident de la situation et que la trame du roman reste si prévisible. 

Ainsi Le Joyau m'a laissé un sentiment très mitigé à cause de son ensemble très superficiel. L’héroïne insupportable et sa relation plus que fade viennent porter un gros point noir à un univers pourtant très prometteur. Le récit si prévisible nous réserve cependant une surprise de choix pour la toute fin et si cela reste une élément unique en plus de 400 pages cela suffit quand même à piquer notre intérêt pour lire le second tome. J'espère simplement qu'on sortira des sentiers battus, que l'auteur appuiera plus fortement sur l'aspect sombre du Joyau, et que surtout Violet découvrira l'utilité de son cerveau dans The White Rose

Note : ★★★☆☆(2.75)

9 commentaires:

  1. J'adore la couverture ! Et sinon je t'ai tagué içi http://lireetsourire.blogspot.fr/2015/02/tag-code-de-la-route.html

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  2. Eh beh, c'est pas ta chronique qui me donnera envie de le lire xD. Vu comment tu décris les personnages principaux, je vais passer mon tour;

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  3. Hmm. En effet le titre de dystopie semble être distribué à un peu tout et n'importe quoi ces temps ci... En tout cas ton avis me laisse mitigée, maintenant. à la fois j'ai envie de le lire, à la fois pas tellement. J'ai peur de me laisser prendre dans un mélange de Hunger Games et de Selection. Hmm... En tout cas tu l'as très bien chroniqué ^^

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  4. Moi j'avais beaucoup aimé, même si j'avais lu beaucoup de mauvais avis... Comme quoi ! En tout cas je peux comprendre ton point de vue xD !

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  5. Je suis en train de le lire actuellement (je suis proche de la fin), et j'adore. C'est vrai en revanche que Violet concernant Ash.... me gonfle. Mais j'aime énormément l'histoire, les autres personnages, et en dehors de son dévolu pour lui, elle me plaît plutôt bien :)

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  6. Ah moi je l'ai lue et perso je l'ai bien aimé....

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  7. La couverture est sublime mais ton avis ne me donne pas forcément envie de le lire. De toute façon depuis qu'il est sorti j'ai peur d'être déçue si je le lit donc je verrai si j'ai l'occasion de l'emprunter ^^

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